De la peur et de l'apprentissage

Cela fait déjà quelques temps que je m'interroge sur les liens unissant apprentissage, peur et plaisir. J'aimerais mieux comprendre ce qui peut pousser un quadra comme moi à prendre des risques avec son équilibre et son ego... J'essaie de poser ici quelques constats et pistes de réflexions en espérant ne pas être le seul trouillard au sein d'une communauté de casse-cous.



Ces 3 dernières années j'ai découvert et appris 6 styles de glisses différentes. Gyroroue, esk8, longboard, kiwano, halfbike, onewheel (et dans une certaine mesure trottinette). Je ne me suis montré doué pour aucun de ces engins. J'ai mis plusieurs mois avant d'arriver à me balader en wheels. La longboard me pause encore des soucis en descente. J'ai du mal à rouler droit en halfbike. Et après ma première session de onewheel j'ai racheté toute la panoplie de protection du bon rider prudent.

Ce qui est certain, c'est que :
- j'aime assez les sensations de glisses urbaines pour accepter de galèrer pendant de nombreuses séances d'apprentissages.
- je n'aime pas la vitesse, le risque qu'elle induit, l'adrénaline qu'elle impose à mes battements de coeur.
- j'aime encore moins les chutes, les pertes d'équilibres, les pertes de contrôles, ces fractions de secondes durant lesquelles le cerveaux à le temps de se demander si le corps aura les réflexes de nous sauver.

Autrement dit, j'aime la glisse sous contrôle... Et aucunement le stress d'une glisse risquée.

Et pourtant, mois après mois, j'apprends à rider de nouveaux engins. Je pensais au début qu'en maitrisant la wheel je saurais tout piloter. Ce n'est pas vrai. Chaque engin à ses spécificité, ses difficultés. Evidement, mon équilibre est meilleur maintenant qu'auparavant. Et je suis suffisamment prudent pour ne chuter que très rarement... Mais la peur est toujours là quand je monte sur un nouvel engin.

Cette peur devrait être un frein à mon envie de tester toutes les innovations du marché. Il n'en est rien. Et dans une certaine mesure elle me pousse à insister... Après quelques séances, quand je finis enfin par contrôler le nouvel engin, j'éprouve une sorte de satisfaction, de joie, à "y être arrivé"... Ce moment est très différent du bonheur de la glisse. Il est plutôt lié à une sorte de réassurance d'enfant. "Je peux le faire". "Cet engin en me tuera pas".

Au final, ce que je trouve étonnant, c'est que la peur et son adrénaline ne sont pas mes moteurs... Ma motivation est liée au moment d'après la peur. Ce moment où le calme du corps et de l'esprit rend l'adrénaline inutile... Ce moment où (enfin), je peux ressentir sans peur une glisse sans danger.


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